Préfacier : JACQUES MARSEILLE

Avant-propos : JACQUES MARSEILLE

Collection :

Editeur : HACHETTE

Auteur (s): JACQUES MARSEILLE

En 1936, à l'époque du Front populaire, les choses étaient relativement claires. TI s'agissait alors d'arracher au «mur d'argent» des congés, des conventions collectives et des salaires décents pour des travailleurs démunis de l'essentiel. TI s'agissait de relancer la consommation dont l'effondrement entravait toute reprise économique. Mais aujourd'hui, la consommation ne se porte pas trop mal et c'est l'investissement qui semble transi. Qui, aujourd'hui, est économiquement de gauche et économiquement de droite? Si la France est effectivement coupée en deux, les fractures sont multiples et plus difficiles à réduire. 40 % des Français sont locataires mais une majorité est maintenant propriétaire de son logement. 50 % des Français partent en vacances d'été et 50 % restent chez eux. Les plus pauvres? Pas seulement. Le taux de départ des ouvriers est presque aussi fort que celui des patrons de l'industrie et du commerce. Il y a les Français qui ne peuvent échapper à l'impôt et ceux qui peuvent dissimuler une grande partie de leurs revenus, les agriculteurs et les artisans du bâtiment pour ne citer que les plus « privilégiés ». Il y a ceux qui sont exposés au chômage et ceux qui ne le sont pas. Il y a ceux qui touchent des primes et ceux qui n'en touchent pas. Il y a ceux qui possèdent un patrimoine valorisé par l'inflation et ceux qui ont eu la mauvaise fortune de ne pas s'endetter au bon moment. Il y a les intellectuels professionnels qu'on reconnaît à la possession d'un -agenda et les intellectuels spécialisés rivés à des horaires dont ils ne sont pas maîtres. Il y a tous ceux qui tirent leur épingle du jeu, l'immense majorité, et les nouveaux exclus du quart monde dont la voix a bien du mal à se faire entendre. II y a les entreprises qui applaudissent à la réduction de l'inflation. et Celles qui continuent à émettre des emprunts à un taux de 16 % qui ne manquerait pas de les asphyxier en cas de baisse de l'inflation, comme d'ailleurs tous les ménages endettés qui votent probablement plus à. gauche qu'à droite!