Préfacier : François AELION

Avant-propos : François AELION

Collection :

Editeur : EYROLLES

Auteur (s): François AELION

Qui dira jamais l'indicible ennui distillé par tant de Démosthène de sièges sociaux, d'orateurs ânonnants, cramponnés à leur rétroprojecteur, tentant de compenser, par des commentaires redondants, l'indigence de transparents soporifiques. Nous, les auditeurs, nous la payons cher, cette civilisation de la communication où tout ce qui dirige, pilote, contrôle une organisation se doit dorénavant de parler aux personnes qui la composent, pour informer, expliquer, faire connaître et faire comprendre les buts, les moyens et les résultats. Rendre communiquantes des générations de dirigeants qu’un système éducatif, centré sur les seules performances individuelles, a rendu pour longtemps autistes, c’est un défi parfois surhumain ; d’autant plus que ces hypertrophiés du cerveau gauche ont fini par oublier que rien n’est plus susceptible de convaincre qu’une émotion ; le déballage de chiffres, de faits pseudo-objectifs, de raisonnements secs, de « il apparaît que... », de « il importe donc... » finit toujours par avoir raison des meilleures bonnes volontés : on ne peut durablement écouter des rapports d’inspection et des notes de service. Une bonne façon de rendre la communication communicante consiste à l’enrichir de cet héritage culturel « ramassé » que constituent maximes, proverbes, formules frappées, catachrèses, anecdoctes, synecdoques, anacoluthes, toutes ces fusées verbales qui percent les brouillards de l’écoute diffuse, viennent percuter l’attention et impacter la mémoire.

Le livre de François Aélion ouvre une véritable mine d’or à ceux qui, par profession, doivent s’adresser aux autres. Il ne propose pas seulement les pépites de citations brillantes comme le font d’autres ouvrages ; il les relie aux diverses facettes de l’activité managériale, de telle sorte qu’elles puissent s’incruster dans des discours spécifiques selon les finalités que l’on poursuit. Mieux, François Aélion ne se contente pas de paillettes éparses, il nous offre des lingots plus appréciables : des situations romanesques, théâtrales ou historiques, particulièrement caractéristiques, exemplaires, voire caricaturales auxquelles on peut se référer pour illustrer le propos, imager la démonstration, et permettre tout à la fois de mémoriser un raisonnement, de saisir des nuances sans qu’il ait été besoin de les expliciter, de favoriser une compréhension intuitive, holiste, globale qui dispense l’orateur de longs développements assommants.