Préfacier : Jean-Marie PERETTI

Avant-propos : Jean-Marie PERETTI

Collection :

Editeur : EYROLLES

Auteur (s): Jean-Marie PERETTI

Dans un ouvrage récent (Boudreau, 2007), on propose de faire du « talent » la nouvelle référence de la gestion des ressources humaines, son pivot, son concept central. On ne devrait plus parler de gestion des ressources humaines, mais de gestion des talents. La proposition ne manque pas d’intérêt : on sait que les dénominations de la fonction qui traite des personnes dans l’entreprise ne durent jamais très longtemps. On a parlé des relations sociales, du personnel ou des ressources humaines, mais c’est toujours provisoire. En parlant de ressources humaines, on se prend maintenant à s’excuser – ou du moins expliquer – que les personnes ont des ressources plutôt qu’elles n’en sont. Le « talent » serait alors le relais nécessaire pour revivifier en permanence une fonction qui, à la différence des autres semble avoir un besoin permanent de renouveau. Y a-t-il derrière cette revendication quelque chose de sérieux, ou simplement l’hyperbole classique de ceux qui régulièrement annoncent des approches ou concepts révolutionnaires ? Assiste-t-on maintenant à la révolution des talents, après en avoir annoncé la guerre (Michael, 2001) ? Le talent évoque une monnaie, en fait une mesure de poids de métal qui a fourni la source étymologique à de nombreuses monnaies comme le thaler ou le dollar. C’est dans d’autres domaines pourtant que prospère le mot. Dans celui de l’art évidemment, c’est le moyen de caractériser la qualité et l’originalité d’un artiste, en fait tout ce qui fait de lui quelqu’un d’unique. Certains voient dans l’évangile de Matthieu l’origine de l’intérêt pour la notion de talent. Dans cette parabole, un maître avant de s’en aller, confie 5, 2 et 1 talents à chacun de ses serviteurs. À son retour il s’enquiert de ce que les donataires ont fait de leur talent. Le premier les a fait fructifier et il peut les rendre avec 5 talents supplémentaires correspondant à son gain. Le second en rend 2 de plus. Quant au troisième, il assure à son maître qu’il a pris soin du talent donné en le cachant dans la terre et qu’il peut ainsi le lui rendre…