Préfacier : Jean-Philippe COTIS

Avant-propos : Jean-Philippe COTIS

Collection :

Editeur : OCDE

Auteur (s): Jean-Philippe COTIS

A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, une longue période de prospérité s’est ouverte dans la plupart des pays actuellement membres de l’OCDE.

Durant près de trois décennies, que les historiens qualifient désormais de « trente glorieuses », la croissance est restée exceptionnellement forte et dans de nombreux pays les revenus par tête ont eu tendance à rattraper les niveaux américains. Cette période faste a beaucoup contribué à accréditer l’idée que dans un environnement international largement ouvert le rattrapage économique avait un caractère quasiment automatique.

L’histoire des deux dernières décennies est venue tempérer, très fortement, cet enthousiasme initial. Dans les grands pays d’Europe continentale, le revenu par tête a cessé de converger vers les niveaux américains à partir du début des années 80 avant de s’affaisser en termes relatifs tout au long des années 90. Le Japon a connu, pour sa part, un revers de fortune analogue au cours des 15 dernières années.

Il apparaît, avec le recul, que la très importante accélération de productivité observée aux États-Unis depuis 1995 ne s’est pas transmise aussi bien qu’on aurait pu l’espérer aux autres pays de l’OCDE. Ces déceptions ont été aggravées de surcroît en Europe par des politiques du marché du travail souvent inadaptées. Visant à décourager l’offre de travail des salariés dans le but de réduire le chômage, elles ont surtout contribué à déprimer les taux d’emploi et le revenu par tête. Ces difficultés ne doivent pas faire oublier pour autant que de grands pays comme l’Australie, le Royaume-Uni ou le Canada et certains petits pays de l’OCDE ont repris brillamment depuis quelques années le chemin de la convergence économique. Il apparaît désormais que la convergence des niveaux de vie n’est pas automatique et que le progrès technique n’est pas « exogène ». Comme le suggèrent fortement les nouvelles théories de la croissance, il dépend en fait de la qualité des institutions nationales et des politiques publiques.